Renoncement (nom masculin, subst. masculin)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Action de renoncer. Il ne se dit que dans les sujets de morale et particulièrement de morale chrétienne. "Le aux honneurs, aux plaisirs, à la vanité. Le à soi-même. Vivre dans le . Il vit dans un entier des choses de ce monde."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Action de renoncer à quelque chose.
SÉV.: « Je fais la révérence à la simple et modeste sépulture de Mme de Guise, dont le à celle des rois ses aïeux mérite une couronne éternelle »

 2   Particulièrement, de soi-même, à soi-même, acte de l'âme qui se désintéresse de ses propres intérêts.
BALZ.: « Il n'est point d'exemple d'une volonté plus soumise et d'un plus parfait de soi-même »
MONTESQ.: « La vertu politique est un à soi-même, qui est toujours une chose très pénible »
    Dans l'histoire d'Angleterre, ordonnance ou acte de à soi-même, bill par lequel la chambre des communes arrêta que tout membre du parlement serait exclu des fonctions civiles et militaires (1644).

 3   Dans la morale chrétienne, action de renoncer aux choses du monde.
NICOLE: « Le à l'amour des créatures étant un des engagements de notre baptême »
FLÉCH.: « Donnant de grands exemples de modestie, de prudence, de piété, et d'un parfait à tous les soins et à tous les plaisirs du siècle »
D'ALEMB.: « L'abbé de Rancé, qui dès lors méditait cet entier au monde, dont il donna depuis un si terrible exemple »
STAËL: « C'était une musique toute religieuse qui conseillait le à la terre »
    Absolument.
FÉN.: « Je ferai de grandes austérités, des s difficiles, des changements étonnants dans ma conduite »
MASS.: « Une vie de et de sacrifice »

HISTORIQUE
    XVIème siècle
CALV.: « Si nostre sanctification consiste au de nostre propre volonté.... »

ÉTYMOLOGIE
    Renoncer ; provenç. renunciamen ; espagn. renunciamento ; ital. rinunziamento.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Action de renoncer. Il ne se dit que dans les sujets de morale, et particulièrement de morale chrétienne. "Le aux honneurs, aux plaisirs, à la vanité. Le à soi-même. Vivre dans un grand de soi-même. Il vit dans un entier des choses de ce monde."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Action de renoncer. Il ne se dit que dans les choses de Morale, et particulièrement de Morale chrétienne. "Le aux honneurs, aux plaisirs, à la vanité. Le à soi-même".
Il se construit aussi avec la particule "De. Vivre dans un grand de soi-même. Il vit dans un entier de toutes choses".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Action de renoncer. Il ne se dit que dans les choses de Morale, & particulièrement de Morale chrétienne. "Le aux honneurs, aux plaisirs, à la vanité. Le à soi-même."
Il se construit aussi avec la particule "De Vivre dans un grand de soi-même. Il vit dans un entier de toutes choses."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

RENONCER, v. act. et n. RENONCIATION, s. f. ["Re-nonceman", "cé", "cia-ci-on": 1re "e" muet, 2e lon. 3e"e" muet au 1er, "é" fer. au 2d.] "Renoncer", 1°. "V. n." Se déporter de quelque chôse. '"Renoncer à" une succession, "à" une entreprise, à la poursuite de ses droits.
- 2°. Abandoner la possession, la prétention, le desir, l'afection de. '"Renoncer à" l'Empire, "aux" dignités, "au" monde, "aux" plaisirs; "à" sa Foi, "à" sa Religion.
- 3°. "V. act." Renier, désavouer. 'S'il fait cela, je "le renonce". Il "a renoncé son" Maître, etc.
   "Rem." On dit, "se renoncer soi-même" avec le régime de l'acusatif; et "renoncer à soi-même" avec le datif. Il n'est donc actif, que lorsqu'il est réciproque, ou qu'il régit les persones. On dit, s'il fait telle chôse, je "le renonce" pour mon parent. "Acad." Hors de là il est neutre, et régit le datif. L'"Âcadémie" ne dit point, "renoncer la Foi", "la Religion", mais, "à la Foi", "à la Religion". M. "Fléchier", et d'autres bons Auteurs ont pourtant employé l'acusatif. 'Leur Tyran "a renoncé la" Foi Chrétienne. = Avec "faire", il régit l'acusatif de la persone, le datif de la chose: desirant "le faire renoncer à" toutes ces vanités; et non pas, "lui faire renoncer", comme le dit un pieux Biographe. = * Ce verbe étant neutre, et prenant dans ses tems composés l'auxiliaire "avoir", on ne doit pas l'employer au passif. On ne dit point: la Religion Catholique "a été renoncée par" cet homme: on doit dire, cet homme "a renoncé à", etc. Le Traduct. "de l'Hist. d'Angl." d'"Hume" a fait cette faûte, en suivant trop litéralement son modèle. 'La suprématie du Roi y "étoit" reconûe, le Covenant "renoncé". Il falait dire, on y reconaissait la suprématie, on y "renonçait au" Covenant. = "Renoncer", "Abjurer", "Renier" (syn.) Le 2d se dit toujours en bone part: l'Hérétique "abjûre", quand il rentre dans le sein de l'Église. "Renier", s'emploie toujours en mauvaise part: le Chrétien "renie", quand il se fait Mahométan. "Renoncer", est d' usage de l'une et de l'aûtre façon, tantôt en bien, tantôt en mal. 'Le choix du bon nous fait quelquefois "renoncer à" nos anciènes habitudes, pour en prendre de meilleures; mais il arrive encôre plus souvent que le caprice et le goût dépravé nous fait "renoncer à" ce qui est bon, pour nous livrer à ce qui est mauvais. GIR. "Synon." Voy. ABJURER.
   RENONCEMENT est l'action de renoncer; et RENONCIATION, l'acte par lequel on renonce. 'Le " aux" plaisirs, "aux" honeurs, "à la" vanité, "au" monde, "à" soi-même. '"Renonciation" par écrit ou verbale. '"Renonciation à" une succession. On lui a doné acte de "sa reconciation". = M. "Beauzée" compâre ces deux mots. 'La désapropriation est, dit-il, l'éfet de l'un et de l'aûtre; et tous deux sont volontaires. Voici en quoi ils difèrent.
- "Renonciation" est un terme d'afaires et de Jurisprudence; c'est "l'abandon" volontaire des droits que l'on avait ou que l'on prétendait sur quelque chôse: "Renoncement", est un terme de spiritualité et de morale; c'est "le détachement" des chôses de ce monde et de l'amour propre. La "renonciation" est un acte extérieur, qui ne supose pas toujours le détachement intérieur. Le "Renoncement", au contraire, est une disposition intérieure, qui n'exige pas l'abandon extérieur des chôses dont on se détache. BEAUZ. "Syn." Voy. ABDICATION.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


Action de renoncer, & ne se dit que dans les choses de Morale, & particulierement de Morale Chrestienne. "Renoncement aux honneurs, aux plaisirs, à la vanité. à soy-mesme".
On dit aussi, "Renoncement de soy-mesme. Il vit dans un entier de toutes choses".




Emplacement dans le dictionnaire :

rénitent
renne
renom
renommé
renommée
renon
renonçant
renonce
renoncé

renoncer
renonciation
renonculacees
renonculacées
renoué
renouée
renouement ou renoûment
renouer
renouveau
renouvelable
renouvelant




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)

...De tels sentiments sont de nature à inspirer non seulement ces sacrifices journaliers qui assurent le développement régulier de la vie sociale quotidienne, mais encore, à l'occasion, des actes de renoncement complet et d'abnégation sans partage. De son côté, la société apprend à regarder les membres qui la composent, non plus comme des choses sur lesquelles elle a des droits, mais comme des coopérateurs...


Citation n°2 de Henry BATAILLE (Maman Colibri)

...donneraient leur vie, se haussant jusqu'au plus complet sacrifice, pour défendre leurs petits ; puis qui, cet instinct apaisé, ne se souviennent plus de rien et subitement, en un jour, passent du renoncement le plus fou à l'indifférence la plus morne ; c'est fini, la fonction est terminée. à une autre ! Vois-tu, j'ai réfléchi beaucoup pendant deux ans de solitude. Des mots qu'elle disait me revenaient...


Citation n°3 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...scientifique ordinaire est ici complètement insuffisante, qu'il faut, pour réaliser cet idéal, une vie entière consacrée à l'étude, un ascétisme scientifique de tous les instants et le plus complet renoncement aux plaisirs, aux affaires et aux intérêts de ce monde, que non seulement l'homme ignorant est radicalement incapable de comprendre le premier mot de ce système de vie, mais que même l'immense...


Citation n°4 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...qu'elle est, n'a plus la force de s'assimiler tout le reste ; la part profane, à laquelle on ne peut refuser quelque prix. Alors, mais non point auparavant, les ascètes commencent à prêcher le renoncement. Le premier chrétien n'avait besoin de renoncer à rien ; car sa vie était complète, sa loi était adéquate à ses besoins. Par la suite, la religion, n'étant plus capable de tout contenir, maudit ce...


Citation n°5 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...la famille, l'art, la morale, élevés à une haute et poétique expression. Elles ne scindent pas la vie ; elles n'ont pas la distinction du sacré et du profane. Elles ne connaissent pas le mystère, le renoncement, le sacrifice, puisqu'elles acceptent et sanctifient de prime abord la nature. C'étaient des liens, mais des liens de fleurs. Là est le secret de leur faiblesse dans l'oeuvre de l'humanité ; elles...


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