Renoncement (nom masculin, subst. masculin)
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Nom masculin |
Action de renoncer. Il ne se dit que dans les sujets de morale et particulièrement de morale chrétienne. "Le
Dictionnaire d'Emile Littré
| Subst. masculin |
1 Action de renoncer à quelque chose.
SÉV.: « Je fais la révérence à la simple et modeste sépulture de Mme de Guise, dont le
2 Particulièrement,
BALZ.: « Il n'est point d'exemple d'une volonté plus soumise et d'un plus parfait
MONTESQ.: « La vertu politique est un
Dans l'histoire d'Angleterre, ordonnance ou acte de
3 Dans la morale chrétienne, action de renoncer aux choses du monde.
NICOLE: « Le
FLÉCH.: « Donnant de grands exemples de modestie, de prudence, de piété, et d'un parfait
D'ALEMB.: « L'abbé de Rancé, qui dès lors méditait cet entier
STAËL: « C'était une musique toute religieuse qui conseillait le
Absolument.
FÉN.: « Je ferai de grandes austérités, des
MASS.: « Une vie de
HISTORIQUE
XVIème siècle
CALV.: « Si nostre sanctification consiste au
ÉTYMOLOGIE
Renoncer ; provenç. renunciamen ; espagn. renunciamento ; ital. rinunziamento.
Signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Subst. masculin |
Action de renoncer. Il ne se dit que dans les sujets de morale, et particulièrement de morale chrétienne. "Le
Ancienne définition de 1798 (Académie Française)
| Subst. masculin |
Action de renoncer. Il ne se dit que dans les choses de Morale, et particulièrement de Morale chrétienne. "Le
Il se construit aussi avec la particule "De. Vivre dans un grand
Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
Action de renoncer. Il ne se dit que dans les choses de Morale, & particulièrement de Morale chrétienne. "Le
Il se construit aussi avec la particule "De Vivre dans un grand
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Subst. masculin |
RENONCER, v. act. et n. RENONCIATION, s. f. ["Re-nonceman", "cé", "cia-ci-on": 1re "e" muet, 2e lon. 3e"e" muet au 1er, "é" fer. au 2d.] "Renoncer", 1°. "V. n." Se déporter de quelque chôse. '"Renoncer à" une succession, "à" une entreprise, à la poursuite de ses droits.
- 2°. Abandoner la possession, la prétention, le desir, l'afection de. '"Renoncer à" l'Empire, "aux" dignités, "au" monde, "aux" plaisirs; "à" sa Foi, "à" sa Religion.
- 3°. "V. act." Renier, désavouer. 'S'il fait cela, je "le renonce". Il "a renoncé son" Maître, etc.
"Rem." On dit, "se renoncer soi-même" avec le régime de l'acusatif; et "renoncer à soi-même" avec le datif. Il n'est donc actif, que lorsqu'il est réciproque, ou qu'il régit les persones. On dit, s'il fait telle chôse, je "le renonce" pour mon parent. "Acad." Hors de là il est neutre, et régit le datif. L'"Âcadémie" ne dit point, "renoncer la Foi", "la Religion", mais, "à la Foi", "à la Religion". M. "Fléchier", et d'autres bons Auteurs ont pourtant employé l'acusatif. 'Leur Tyran "a renoncé la" Foi Chrétienne. = Avec "faire", il régit l'acusatif de la persone, le datif de la chose: desirant "le faire renoncer à" toutes ces vanités; et non pas, "lui faire renoncer", comme le dit un pieux Biographe. = * Ce verbe étant neutre, et prenant dans ses tems composés l'auxiliaire "avoir", on ne doit pas l'employer au passif. On ne dit point: la Religion Catholique "a été renoncée par" cet homme: on doit dire, cet homme "a renoncé à", etc. Le Traduct. "de l'Hist. d'Angl." d'"Hume" a fait cette faûte, en suivant trop litéralement son modèle. 'La suprématie du Roi y "étoit" reconûe, le Covenant "renoncé". Il falait dire, on y reconaissait la suprématie, on y "renonçait au" Covenant. = "Renoncer", "Abjurer", "Renier" (syn.) Le 2d se dit toujours en bone part: l'Hérétique "abjûre", quand il rentre dans le sein de l'Église. "Renier", s'emploie toujours en mauvaise part: le Chrétien "renie", quand il se fait Mahométan. "Renoncer", est d' usage de l'une et de l'aûtre façon, tantôt en bien, tantôt en mal. 'Le choix du bon nous fait quelquefois "renoncer à" nos anciènes habitudes, pour en prendre de meilleures; mais il arrive encôre plus souvent que le caprice et le goût dépravé nous fait "renoncer à" ce qui est bon, pour nous livrer à ce qui est mauvais. GIR. "Synon." Voy. ABJURER.
RENONCEMENT est l'action de renoncer; et RENONCIATION, l'acte par lequel on renonce. 'Le "
- "Renonciation" est un terme d'afaires et de Jurisprudence; c'est "l'abandon" volontaire des droits que l'on avait ou que l'on prétendait sur quelque chôse: "Renoncement", est un terme de spiritualité et de morale; c'est "le détachement" des chôses de ce monde et de l'amour propre. La "renonciation" est un acte extérieur, qui ne supose pas toujours le détachement intérieur. Le "Renoncement", au contraire, est une disposition intérieure, qui n'exige pas l'abandon extérieur des chôses dont on se détache. BEAUZ. "Syn." Voy. ABDICATION.
Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)
| Subst. masculin |
Action de renoncer, & ne se dit que dans les choses de Morale, & particulierement de Morale Chrestienne. "Renoncement aux honneurs, aux plaisirs, à la vanité.
On dit aussi, "Renoncement de soy-mesme. Il vit dans un entier
Emplacement dans le dictionnaire :
| rénitent renne renom renommé renommée renon renonçant | renonce renoncé renoncer renonciation renonculacees renonculacées | renoué renouée renouement ou renoûment renouer renouveau renouvelable renouvelant |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Émile DURKHEIM (De la division du travail social)...De tels sentiments sont de nature à inspirer non seulement ces sacrifices journaliers qui assurent le développement régulier de la vie sociale quotidienne, mais encore, à l'occasion, des actes de renoncement complet et d'abnégation sans partage. De son côté, la société apprend à regarder les membres qui la composent, non plus comme des choses sur lesquelles elle a des droits, mais comme des coopérateurs...
Citation n°2 de Henry BATAILLE (Maman Colibri)
...donneraient leur vie, se haussant jusqu'au plus complet sacrifice, pour défendre leurs petits ; puis qui, cet instinct apaisé, ne se souviennent plus de rien et subitement, en un jour, passent du renoncement le plus fou à l'indifférence la plus morne ; c'est fini, la fonction est terminée. à une autre ! Vois-tu, j'ai réfléchi beaucoup pendant deux ans de solitude. Des mots qu'elle disait me revenaient...
Citation n°3 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)
...scientifique ordinaire est ici complètement insuffisante, qu'il faut, pour réaliser cet idéal, une vie entière consacrée à l'étude, un ascétisme scientifique de tous les instants et le plus complet renoncement aux plaisirs, aux affaires et aux intérêts de ce monde, que non seulement l'homme ignorant est radicalement incapable de comprendre le premier mot de ce système de vie, mais que même l'immense...
Citation n°4 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)
...qu'elle est, n'a plus la force de s'assimiler tout le reste ; la part profane, à laquelle on ne peut refuser quelque prix. Alors, mais non point auparavant, les ascètes commencent à prêcher le renoncement. Le premier chrétien n'avait besoin de renoncer à rien ; car sa vie était complète, sa loi était adéquate à ses besoins. Par la suite, la religion, n'étant plus capable de tout contenir, maudit ce...
Citation n°5 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)
...la famille, l'art, la morale, élevés à une haute et poétique expression. Elles ne scindent pas la vie ; elles n'ont pas la distinction du sacré et du profane. Elles ne connaissent pas le mystère, le renoncement, le sacrifice, puisqu'elles acceptent et sanctifient de prime abord la nature. C'étaient des liens, mais des liens de fleurs. Là est le secret de leur faiblesse dans l'oeuvre de l'humanité ; elles...
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